L’air se charge d’eau. Le sol tremble un peu. La forêt gronde. Il va falloir payer ce jour, il a fait si chaud.
Quelque chose approche des fenêtres de la maison. Les démons échaudés s’éveillent. Un vent de colère fracasse les vitres, une averse en furie frappe les tuiles de la maison, une main folle s’empare d’une chaise et en tambourine le sol. Les démons échaudés sont dans la maison. Les animaux dans la forêt, tapis, hurlent. Une bouche folle s’ouvre béante. Je suis aspirée par son chant de mort. Mon cœur chavire, mon âme implose. Je n’existe plus.
La vie, du revers de sa main, vient de m’écarter de son chemin. Le vrombissement du monde, ses rires, ses joies et ses peines, siffle à toute allure à quelque distance de moi. Il m’échappe méchamment.
Les démons satisfaits se retirent en m’épinglant de leurs pupilles rougies. « Reste là, sur le bord du chemin », incantent-ils à mon endroit.
Je reste là, sur le bord du chemin. Je regarde la vie s’écouler à quelque distance de là.
Je deviens celle qui écoute.
(A suivre…)
Féodora