Archive pour mars, 2008

Eperdu

28 mars 2008

Cette sensation d’écrire, ce quelque chose qui frappe à la porte, non pas pour entrer, mais pour sortir;
Cette petite voix, éperdue, qui gratte à la porte. Parce qu’à l’intérieur le vacarme. Et qu’en dehors, l’air frais, libre et chantant.

Ce feu-follet qui s’anime, se jouant de la pudeur, parce qu’elle n’est pas réelle, et qu’il ne danse que sur ce qui est tu;
Cette douce pluie tiède, qui révèle les parfums de la terre, sous la tyrannie de l’astre blanc.

Cette sensation d’écrire, qui tapisse les songes d’un manteau protecteur et léger;
Ce petit sentier, qui nous mène, sinueux, vers l’horizon vaporeux.

Ce génie des lieux, qui chuchote sa présence dans l’instant;
Tout est là;

Eperdu.

Féodora

La course

26 mars 2008

J’aimerais tant prendre le train en route,
Arriver à courir assez vite derrière lui,
Le rattraper, m’accrocher in extremis,
Sauter sur la marche et gagner la course,
M’engouffrer d’un bond à l’intérieur.

 

Sans m’excuser pour la gêne,
Je laisserais tomber lourdement mon sac de voyage,
M’affalerais à la première place venue,
Ignorant le paysage perdant sa course,
Derrière la vitre derrière mon dos.

 

Si l’on me demanderait des comptes,
Pour mon intrusion, pour mon curieux assaut,
Je dirais, que lassée d’attendre les trains,
Toujours trop tard, toujours trop tôt, ou sur les mauvais quais,
Je décidais de courir vers celui qui était en marche.

Et me voici, sans savoir où je vais.

 

Sans m’excuser pour la gêne,
Je ne nierais pas ne pas avoir réservé ma place,
Je ne nierais pas ne pas avoir de billet,
Je ne nierais pas que ce n’est pas là ma place,

 

Et que dans mon gros sac, il y a tout juste un peu d’eau,
Pour la course.

Féodora

Petite fille

24 mars 2008

Il était une fois Petite fille,

Petite fille attendait patiemment chaque année
Son Petit papa Noël,
Et chaque année il lui apparaissait en rêve,
Il lui disait, du fond de son cœur:
Petite fille, tu as été si sage cette année,
Que veux-tu? Je te l’apporterai.

Elle lui répondait, du fond de son cœur :
Petit papa Noël,
Quand tu descendras tu Ciel,
Je voudrais du sang, tu sais que je n’en ai pas assez.
Tu sais que je ne peux plus vivre.

Petite fille, je ne peux t’apporter du sang,
Je ne peux t’apporter qu’un jouet.

Et le rêve s’arrêtait.

L’année d’après, Petite fille fit le même rêve,
Petit papa Noël lui disait, du fond de son cœur:
Petite fille, tu as encore été si sage cette année,
Que veux-tu? Je te l’apporterai.

Elle dit à son Petit papa Noël, du fond de son cœur:
Petit papa Noël,
Quand tu descendras du Ciel, je serais morte.
Je perds mon sang, tu sais que je n’en ai pas assez.
Tu sais que je ne peux plus vivre.

Petite fille, je ne peux t’apporter du sang,
Je ne peux t’apporter que des jouets, par milliers.

Et le rêve s’arrêtait.

Cette année-ci, Petit papa Noël était resté dans le rêve,
Et songea longtemps à Petite fille.
Il fit un pacte avec le Ciel:
Donne mon sang à Petite fille,
Elle a été si sage.

Le Ciel obéit à Petit papa Noël,
Petite fille vécut,

et Petit papa Noël n’exista plus.

Féodora