J’aimerais tant prendre le train en route,
Arriver à courir assez vite derrière lui,
Le rattraper, m’accrocher in extremis,
Sauter sur la marche et gagner la course,
M’engouffrer d’un bond à l’intérieur.
Sans m’excuser pour la gêne,
Je laisserais tomber lourdement mon sac de voyage,
M’affalerais à la première place venue,
Ignorant le paysage perdant sa course,
Derrière la vitre derrière mon dos.
Si l’on me demanderait des comptes,
Pour mon intrusion, pour mon curieux assaut,
Je dirais, que lassée d’attendre les trains,
Toujours trop tard, toujours trop tôt, ou sur les mauvais quais,
Je décidais de courir vers celui qui était en marche.
Et me voici, sans savoir où je vais.
Sans m’excuser pour la gêne,
Je ne nierais pas ne pas avoir réservé ma place,
Je ne nierais pas ne pas avoir de billet,
Je ne nierais pas que ce n’est pas là ma place,
Et que dans mon gros sac, il y a tout juste un peu d’eau,
Pour la course.
Féodora
1 avril 2008 à 7:07
Dans ce gros sac, se trouveraient un petit livre dans lequel chaque phrase serait une gemme ainsi qu’un carnet légèrement corné à forcer d’être effeuillé. L’arrivée n’est pas pressée ; respirons des mots en regardant le paysage défiler.