<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/"
		>
<channel>
	<title>Commentaires sur : Eperdu</title>
	<atom:link href="http://bleumauve.wordpress.com/2008/03/28/eperdu/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://bleumauve.wordpress.com/2008/03/28/eperdu/</link>
	<description>Blog marqué au fer rouge des mots légers, évaporés...</description>
	<lastBuildDate>Tue, 01 Apr 2008 16:15:14 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.com/</generator>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
		<item>
		<title>Par : BlogOL</title>
		<link>http://bleumauve.wordpress.com/2008/03/28/eperdu/#comment-7</link>
		<dc:creator>BlogOL</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Apr 2008 09:59:42 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://bleumauve.wordpress.com/?p=3#comment-7</guid>
		<description>Je connais un homme qui invente une histoire à chaque naissance, un personnage pour chaque nouveau bébé pour l&#039;accompagner sa vie durant jusqu&#039;à la clôture, le passage.

Je connais aussi un homme, pas le même, qui recherche les pages pour s&#039;y promener, y courir, y glisser le petit doigt le long de la ligne imaginaire qui se noircit d&#039;encre.

[OL, 1er mars 1996]</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Je connais un homme qui invente une histoire à chaque naissance, un personnage pour chaque nouveau bébé pour l&#8217;accompagner sa vie durant jusqu&#8217;à la clôture, le passage.</p>
<p>Je connais aussi un homme, pas le même, qui recherche les pages pour s&#8217;y promener, y courir, y glisser le petit doigt le long de la ligne imaginaire qui se noircit d&#8217;encre.</p>
<p>[OL, 1er mars 1996]</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : BlogOL</title>
		<link>http://bleumauve.wordpress.com/2008/03/28/eperdu/#comment-6</link>
		<dc:creator>BlogOL</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Apr 2008 09:43:13 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://bleumauve.wordpress.com/?p=3#comment-6</guid>
		<description>Lire ou écrire est un état d&#039;hyper-éveil, non d&#039;endormissement.

Encore faut-il sortir du sommeil, comme l&#039;écrivait MP,

Dès le matin, la tête encore tournée contre le mur et avant d&#039;avoir vu, au-dessus des grands rideaux de la fenêtre, de quelle nuance était la raie du jour, je savais déjà le temps qu&#039;il faisait. Les premiers bruits de la rue me l&#039;avaient appris, selon qu&#039;ils me parvenaient amortis et déviés par l&#039;humidité ou vibrants comme des flèches dans l&#039;aire résonnante et vide d&#039;un matin spacieux, glacial et pur ; dès le roulement du premier tramway, j&#039;avais entendu s&#039;il était morfondu dans la pluie ou en partance pour l&#039;azur. Et peut-être ces bruits avaient-ils été devancés eux-mêmes par quelque émanation plus rapide et plus pénétrante qui, glissée au travers de mon sommeil, y répandait un tristesse annonciatrice de la neige ou y faisait entonner à certain petit personnage intermittent de si nombreux cantiques à la gloire du soleil que ceux-ci finissaient par amener pour moi, qui encore endormi commençais à sourire et dont les paupières closes se préparaient à être éblouies, un étourdissant réveil en musique.

[MP, La Prisonnière]

Voilà une langue écrite éblouissante, qui invite tant à la compagnie des mots.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Lire ou écrire est un état d&#8217;hyper-éveil, non d&#8217;endormissement.</p>
<p>Encore faut-il sortir du sommeil, comme l&#8217;écrivait MP,</p>
<p>Dès le matin, la tête encore tournée contre le mur et avant d&#8217;avoir vu, au-dessus des grands rideaux de la fenêtre, de quelle nuance était la raie du jour, je savais déjà le temps qu&#8217;il faisait. Les premiers bruits de la rue me l&#8217;avaient appris, selon qu&#8217;ils me parvenaient amortis et déviés par l&#8217;humidité ou vibrants comme des flèches dans l&#8217;aire résonnante et vide d&#8217;un matin spacieux, glacial et pur ; dès le roulement du premier tramway, j&#8217;avais entendu s&#8217;il était morfondu dans la pluie ou en partance pour l&#8217;azur. Et peut-être ces bruits avaient-ils été devancés eux-mêmes par quelque émanation plus rapide et plus pénétrante qui, glissée au travers de mon sommeil, y répandait un tristesse annonciatrice de la neige ou y faisait entonner à certain petit personnage intermittent de si nombreux cantiques à la gloire du soleil que ceux-ci finissaient par amener pour moi, qui encore endormi commençais à sourire et dont les paupières closes se préparaient à être éblouies, un étourdissant réveil en musique.</p>
<p>[MP, La Prisonnière]</p>
<p>Voilà une langue écrite éblouissante, qui invite tant à la compagnie des mots.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : feodora10</title>
		<link>http://bleumauve.wordpress.com/2008/03/28/eperdu/#comment-5</link>
		<dc:creator>feodora10</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Apr 2008 07:39:52 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://bleumauve.wordpress.com/?p=3#comment-5</guid>
		<description>...&quot;les assiettes peintes accrochées au mur&quot;, plus éternelles que les rayons déclinant du soleil toisés par les lectures de l&#039;enfance.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>&#8230;&#8221;les assiettes peintes accrochées au mur&#8221;, plus éternelles que les rayons déclinant du soleil toisés par les lectures de l&#8217;enfance.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : BlogOL</title>
		<link>http://bleumauve.wordpress.com/2008/03/28/eperdu/#comment-3</link>
		<dc:creator>BlogOL</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Apr 2008 07:02:53 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://bleumauve.wordpress.com/?p=3#comment-3</guid>
		<description>La voix intérieure n&#039;est pas une corde vocale qui ne vibre point ; elle a parfois d&#039;autres rythmes que la parole. La voix intérieure prend toute sa place sur un espace plat, de préférence contrasté ; une feuille de papier ou un écran sobrement décoré.

Comme l&#039;écrivait MP,

Il n&#039;y a peut-être pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passés avec un livre préféré. Tout ce qui, semblait-il, les remplissait pour les autres, et que nous écartions comme un obstacle vulgaire à un plaisir divin : le jeu pour lequel un ami venait nous chercher au passage le plus intéressant, l&#039;abeille ou le rayon de soleil gênants qui nous forçaient à lever les yeux de la page ou à changer de place, les provisions de goûter qu&#039;on nous avait fait emporter et qui nous laissions à côté de nous sur le banc, sans y toucher, tandis que, au-dessus de notre tête, le soleil diminuait de force dans le ciel bleu, le dîner pour lequel il avait fallu rentrer et pendant lequel nous ne pensions qu&#039;à monter finir, tout de suite après, le chapitre interrompu, tout cela, dont la lecture aurait dû nous empêcher de percevoir autre chose que l&#039;importunité, elle en gravait au contraire en nous un souvenir tellement doux (tellement plus précieux à notre jugement actuel que ce que nous lisions alors avec amour) que, s&#039;il nous arrive encore de feuilleter ces livres d&#039;autrefois, ce n&#039;est plus que comme les seuls calendriers que nous avons gardé des jours enfuis, et avec l&#039;espoir de voir reflétés sur leurs pages les demeures et les étangs qui n&#039;existent plus.

Qui ne se souvient comme moi de ces lectures faites au temps des vacances, qu&#039;on allait cacher successivement dans toutes celles des heures du jour qui étaient assez paisibles et assez inviolables pour pouvoir leur donner asile. Le matin, en rentrant du parc, quand tout le monde était parti faire une promenade, je me glissais dans la salle à manger, où, jusqu&#039;à l&#039;heure encore lointaine du déjeuner, personne n&#039;entrerait que la vieille Félicie relativement silencieuse, et où je n&#039;aurais pour compagnons, très respectueux de la lecture, que les assiettes peintes accrochées au mur, le calendrier dont la feuille de la veille avait été fraîchement arrachée, la pendule et le feu qui parlent sans demander qu&#039;on leur réponde et dont les doux propos vides de sens ne viennent pas, comme les paroles des hommes, en substituer un différent à celui des mots que vous lisez. 

[MP, «Journées de lecture», in Mélanges]</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>La voix intérieure n&#8217;est pas une corde vocale qui ne vibre point ; elle a parfois d&#8217;autres rythmes que la parole. La voix intérieure prend toute sa place sur un espace plat, de préférence contrasté ; une feuille de papier ou un écran sobrement décoré.</p>
<p>Comme l&#8217;écrivait MP,</p>
<p>Il n&#8217;y a peut-être pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passés avec un livre préféré. Tout ce qui, semblait-il, les remplissait pour les autres, et que nous écartions comme un obstacle vulgaire à un plaisir divin : le jeu pour lequel un ami venait nous chercher au passage le plus intéressant, l&#8217;abeille ou le rayon de soleil gênants qui nous forçaient à lever les yeux de la page ou à changer de place, les provisions de goûter qu&#8217;on nous avait fait emporter et qui nous laissions à côté de nous sur le banc, sans y toucher, tandis que, au-dessus de notre tête, le soleil diminuait de force dans le ciel bleu, le dîner pour lequel il avait fallu rentrer et pendant lequel nous ne pensions qu&#8217;à monter finir, tout de suite après, le chapitre interrompu, tout cela, dont la lecture aurait dû nous empêcher de percevoir autre chose que l&#8217;importunité, elle en gravait au contraire en nous un souvenir tellement doux (tellement plus précieux à notre jugement actuel que ce que nous lisions alors avec amour) que, s&#8217;il nous arrive encore de feuilleter ces livres d&#8217;autrefois, ce n&#8217;est plus que comme les seuls calendriers que nous avons gardé des jours enfuis, et avec l&#8217;espoir de voir reflétés sur leurs pages les demeures et les étangs qui n&#8217;existent plus.</p>
<p>Qui ne se souvient comme moi de ces lectures faites au temps des vacances, qu&#8217;on allait cacher successivement dans toutes celles des heures du jour qui étaient assez paisibles et assez inviolables pour pouvoir leur donner asile. Le matin, en rentrant du parc, quand tout le monde était parti faire une promenade, je me glissais dans la salle à manger, où, jusqu&#8217;à l&#8217;heure encore lointaine du déjeuner, personne n&#8217;entrerait que la vieille Félicie relativement silencieuse, et où je n&#8217;aurais pour compagnons, très respectueux de la lecture, que les assiettes peintes accrochées au mur, le calendrier dont la feuille de la veille avait été fraîchement arrachée, la pendule et le feu qui parlent sans demander qu&#8217;on leur réponde et dont les doux propos vides de sens ne viennent pas, comme les paroles des hommes, en substituer un différent à celui des mots que vous lisez. </p>
<p>[MP, «Journées de lecture», in Mélanges]</p>
]]></content:encoded>
	</item>
</channel>
</rss>
